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    Marc Riboud - La fille à la fleur (1967)

     

    Cette photographie de Marc Riboud a été prise à Washington en 1967, lors d'une manifestation contre la guerre du Vietnam. La photographie est en noir et blanc et est prise d'un angle de prise de vue frontal. Le point de vue paraît au départ extra diégétique : Marc Riboud a saisi un moment unique et seul l' un des soldats a l'air d'avoir remarqué la présence du photographe. Mais une analyse plus poussée va nous montrer que le point de vue adopté est plutôt celui de « la fille à la fleur ».

    Elle nous montre une femme de profil, seule avec une fleur, face à une rangée de force de l'ordre armée. La photographie fait ressortir une opposition guerre-paix, mise en valeur avec une séparation par une ligne verticale au centre de l'image : d''une part, les hommes armés, nombreux, avec des tenus sombres, d'autre part la femme seule, avec une fleur, mise en avant par le T-Shirt de la jeune femme imprimé également de fleurs. La femme et ses vêtements contrastent avec les hommes armés en étant plus clairs, lumineux. La mise au point est telle que la femme, au premier plan est nette et ressort de l'image. Le plan rapproché taille permet également de renforcer l'importance de la femme. De plus, on distingue clairement les traits de son visage, ses cheveux courts, ses bijoux, sa montre alors que de l'autre côté de la ligne verticale ne ressortent que les casques des soldats, leurs armes, leurs gants et leur visage est flou : ils sont anonymes. Le contraste est mis en valeur par la position de force des soldats. Ils peuvent tirer à tout moment et leurs armes sont pointées vers la jeune femme alors que celle ci n'est pas dangereuse mais prône au contraire le pacifisme et la paix. Ces valeurs semblent soumises à une barrière représentée par les soldats formant une ligne qui semble interminable.

    L'arrière plan est également flou mais le contexte nous laisse penser que les autres manifestants se trouvent hors cadre. La femme a elle seule est la représentante de tous les manifestants et semble être la personnification de la paix, de la passivité. Cette image a donc une grande valeur symbolique, mise en avant par le regard de la femme. En effet, celle-ci a la fleur près du visage et regarde droit devant elle. Elle n'a pas l'air d'avoir peur malgré sa jeunesse mais d'être consciente de la situation et de l'affronter. La détermination de la jeune femme et son geste rend la photographie parlante d'elle-même, engagée pour la paix, bien qu'à première vue le point de vue adopté paraisse neutre de tout jugement.


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    Livre d'images

    La bataille contre la réforme des retraites nous a laissé des milliers de photos. De toutes ces images, il y a quelques unes très représentatives qui nous montrent les manifestations realisés par les étudiants.

    Il y a peu de choses plus photogéniques que quelques sur des jeunes en colère. Parmis toutes les photos, il y a une qui a été cloué dans les rétines du monde entier et qui probablement restera dans l'histoire de la France contemporaine. L'image, realisée par Francoise Mori de l'agence Reuters, appartient à la fille située à droite. Il s'agit d'une étudiante française, très belle et très jeune, qui se distingue de la foule avec son poing levé et le geste décidé. Elle est habillé avec couleurs militaires: une maillot vert et une écharpe marron, et elle était un peu ébouriffée: un air bien imprudente et bien aimé pour les femmes des pays voisins de la France.

    Cette inconue a été aussi l'une du journal espagnol de référence international "El País". En Espagne, seulement la première page de "El País" est vue pour presque deux millions de personnes. La jeune fille est capable de remplir toute seule l'une parce qu'en premier lieu, elle est belle, comme tous les revolutionaires depuis Jesus de Nazaret jusqu'au Che Guevara; et en deuxième lieu, parce qu'elle est française, et en Espagne, on identifie la révolution avec la France.

    C'est la même relation que dans l'image "La liberté guidant le peuple" de 1830, et surtout, c'est presque identique à l'image du Marc Riboud du Mai 68, dans laquelle il y a aussi une étudiante française sur les épaules de ses camarades. La Marianne est un icône installé dans la memoire collective et aussi dans les sujets qu'on a de la France.

    Toute image révèle en même temps qu'un objet, un point de vue. Les deux images partagent le point de vue: le regard qui apportent les auteurs est celui de la révolution et la revendication des droits. Les photographes se mettent exactement dans le même lieu et prennent la place d'un acteur de l'événement, c'est un point de vue intradiégétique. Ils se situent dans la propre manifestation pour donner un coup d'oeil en contrechamp. On voit les visages des jeunes françaises, parce que les respectifs auteurs ont pris la place de ce qu'on regarde. Et tout avec un plan rapproché, qui nous permet sentir l'expressión et sentiments de ce qu'est une vraie révolution.

    Leticia Núñez


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  • Livre d'images

    Cette photographie a pour titre ambiguités afhganes. Elle a été prise il ya plus d'une semaine dans un bureau de vote installé dans un casernement français et reservé aux femmes. Ces scrutatrices en burqa sont là pour voter à la régularité du scrutin législatif.

    Le point de vue de cette image est extradiégétique. En effet, le sujet regardant ne participe pas à l'événement représenté. Il est ainsi présent mais à l'extérieur de la scène.

    Le hors-champ est particulièrement remarquable dans cette image car la diégèse c'est-à-dire le contenu,le thème de l'image reste les femmes afhganes et au dernier plan se trouvent d'autres éléments comme les montagnes qui donnent également une signification à l'image.  

    Le contre-champ de l'image correspond aux regards de certaines femmes du premier plan et du second plan et de l'enfant qui regarde en direction de l'objectif du photographe. Ce qui est flagrant dans cette photo c'est que malgré le regard caché des afhganes, on ressent par le biais de leurs postures si elles regardent ou non l'objectif. Sans voir leurs yeux, on arrive à deviner la direction de leurs vues.

    Le plan est d'ensemble car il prend en compte les personnages, le décors...C'est une véritable image d'exposition. Cela semble même être un plan d'ensemble droit car l'autre partie n'apparaît pas. On voit une ombre sûrement celle d'un homme ou d'un garde qui a été volontairement été exclu de la photo. Le photographe a peut-être voulu montré les femmes et l'enfant et ainsi mettre en évidence le rôle important que joue les femmes lors  de cet événement.

    En décrivant les éléments séparement, on se compte de certains détails de l'image qui peuvent modifier son interprétation. Par exemple, la présence du drapeau français sur les tables montrerait que cette volonté qu'a la photo de revaloriser le statut des femmes est en faite une volonté de montrer que cette revalorisation est due notamment à l'intervention de la France. D'autre part, les femmes au second plan en noire qui sont-elles? Sûrement un forme de surveillance qui rappelle l'autorité à laquelle elles sont soumises.

    Enfin, la superposition des plan par d'un premier plan plein de femmes à un dernier plan des montagnes désertiques. La profondeur du champ est ainsi faite de façon à ce que le regard du spectateur puisse se projeter dans l'univers entier du décor.


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  • La photographie que je vais vous présenter est une publicité de l'agence Publicis Conseil pour le Samu Social. Ce travail de la directrice artistique Alexandra Offe et du photographe Marc Paeps a été primé en 2010 à Cannes.

    Publicité Samu social par Publicis conseil

    La première lecture de cette photographie nous permet de constater que la photographie est en format paysage et qu'il s'agit d'un plan moyen.

    Au premier plan, un sans domicile fixe et son chien sont allongés sur le sol au centre de l'image. Les sujets sont comme aspirés, attirés à l'intérieur du sol avec un effet de retouche photo .Une poubelle verte à droite se démarque du reste de la photographie.  

    L'homme est allongé, la tête vers la gauche avec le visage face à nous, ses yeux sont fermés, sa tête et son regard sont vers le sol, signe de soumission et de désespoir, rappelant également la mort.

    Au second plan de cette image, il y a une banque ( présence sur la droite d'une pièce pour insérer une carte de crédit et un stylo de comptoir de banque à gauche de la photographie ). Ce détail est très fort car la richesse de la banque est totalement en opposition avec la situation du sujet de la photographie. Le fait que la banque soit placée sur la gauche symbolise le passé du sujet, c'est à dire qu'on peut imaginer qu'avant il connaissait une vie normale et sans réel problème d'argent.

    Les couleurs sont sombres et tristes. Nous avons du noir, symbolisant la mort et la tristesse et enfin du gris symbolisant l'indéterminé ce qui est totalement en accord avec la situation du sujet.

    L'arrière plan et notamment le morceau de comptoir de banque diffuse une lumière, également présente à droite.

    Cette lueur dont on ignore la source, hors champ, nous rappelle celle de la mort, «  la lumière au bout du couloir ». Ainsi, sachant que la droite représente le futur, cette lumière pourrait signifier que ce sans domicile fixe risque de périr dans cette prison qu'est la rue.

    Malgré les émotions fortes que nous renvoie cette photographie, celle-ci ne peut être comprise dans sa totalité sans les informations publicitaires.

    En effet en bas à gauche de la photographie nous pouvons voir une accroche « Plus on vit dans la rue, moins on a de chances de s'en sortir » ainsi que le logo Samu Social

    C'est là que la photographie prend tout son sens.

    La cadrage, les couleurs, la position du sans domicile fixe, ont été parfaitement étudiés pour nous toucher et faire appel à nos émotions.

    Notre regard, entraîné par la lecture en Z, nous emmène pour commencer en haut à droite de la photographie, avec la poubelle. Ensuite notre regard se pose sur la tête du chien, puis vers les membres de l'homme jusqu'à son visage. Cette lecture en Z se termine par le logo et la signature qui permettent la compréhension de ce visuel.

    En utilisant des codes et des effets simples, L'agence Publicis Conseil, au travers de cette campagne symbolique nous rappelle que les sans domicile fixe sont avant tout des prisonniers de la rue et que nous devons les aider.

    Foucher Inès

     

     

     


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  • Henry Cartier-Bresson, Séville, Espagne, 1933

    Henry Cartier-Bresson, Séville, Espagne, 1933 

     

    J’ai choisi d’analyser cette photo d’Henri Cartier-Bresson, photographe français pionnier du photo journalisme et fondateur de l’agence Magnum Photos. Grand photographe du XXème siècle, le regard qu’il a porté sur les évènements majeurs de l’Histoire lui valut le surnom d’« œil du siècle ».

    Cette photographie argentique a été prise en 1933, à Séville. Elle fait partie d’un reportage réalisé par Henri Cartier-Bresson, commandé et publié par l’hebdomadaire Vu.

    A la première lecture de cette image, on voit de jeunes garçons jouant dans dans un lieu dévasté. Un trou béant fait frontière entre le premier plan et l’arrière plan, formant ainsi un cadre dans le cadre et une mise en abyme du sujet (les enfants). Le cadrage en plan moyen et la profondeur de champ donnée par le trou dans le mur, permettent d’avoir une vision d’ensemble de la scène. Le décor et les visages inquiets des enfants confèrent immédiatement un sentiment de gravité.

    La succession de plans symbolise les différentes étapes traversées par ces enfants et nous fait nous interroger :

    •  à l’arrière plan : que s’est-il passé ?
    •  au second plan : le trou dans le mur symbolise la transition et le moment présent.
    •  au premier plan : que vont devenir ces enfants, cette génération?

    .

    De plus, Cette succession de plans met en avant les oppositions présentes dans cette photographie. Il y a donc un contraste entre le passé et le futur, entre le clair et le sombre, dans la construction de l’image avec un ordre visuel qui s’oppose au chaos de la scène mais aussi entre la mort et la vie. En effet les traces d’affrontements (la destruction, les impacts de balles sur le mur, le garçon en arrière plan qui menace de jeter une pierre) et l’habillement modeste des enfants indiquent un contexte de misère ; ce qui s’oppose à la présence même des enfants qui jouent, preuve que la vie continue.

    Par ailleurs, le regard des enfants et le fait que certains soient en mouvement, montrent le caractère soudain de la photographie. Les enfants regardent l’objectif, soit le photographe lui-même, comme pour l’interroger. Cette photo est donc le point de vue subjectif du photographe à un instant T, il est donc intradiégétique.

    En focalisant les regards, Henry Cartier-Bresson permet au monde d’entrer dans l’univers de ces enfants livrés à eux-mêmes, accueilli par celui qui lui ouvre les bras.


    Cécile Delayen

     

    source image: http://2.bp.blogspot.com/_aHfwOmjjNvk/TAFlEx8X7EI/AAAAAAAAIfI/C7L18i3PIuA/s1600/henri-cartier-bresson+seville+spain.jpg


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