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    Ce cliché a été pris durant les essais nucléaires américains en 1958 par le photographe Michael Light. A noter que cette photographie a été censurée jusqu'en 2003. On peut voir sur cette image une explosion nucléaire de 8,9 megatonne formant un champigon puis des hommes. Si on se concentre sur la silhouette des hommes au premier plan, on se rend compte que se sont des militaires car ils portent le même accoutrement avec le même couvre chef reconnaissable. De plus si on s'attarde sur le second plan, on y voit la mer avec des navires de guerre. A l'arrière plan se trouve l'explosion nuclèaire. on peut en déduire que c'est un test de bombe car les militaires sont décontractés, position qu'il n'adopterai pas s'il y aurrai une bataille. Cela est confirmé par le fait que cette bombe à la force redoutable explose en pleine mer. En outre, on peut en déduire que cette photoà été prise au milieu de l'océan sur une île vu le cadre de la photo et que pour de tels tests il faut un espace dégagé.

    Dans cette photographie ce qui est marquant, est la puissance et l'immensité de l'explosion face à la petitesse des créateurs de cette chose.

    La nature même de l'image la rend hors du commun mais cela est renforcé par plusieurs choses. En effet, cette photo est prise en contre-plongée ce qui amplifie l'immensité de l'explosion. De plus, les personnes en premier plan apparaissent comme des silhouettes et son forcement obscur en rapport avec le champignon de fumé flamboyant. Un fort contraste apparait donc entre les deux plans de cette photographie qui renforce la puissance de la bombe face aux hommes. Ce qui peut troubler dans ce cliché est la décontraction des soldats face à cette bombe. Peut-être que cet image permet de rendre compte du paradoxe entre l'Homme et la bombe, la vie et la mort ?

     

    Maxence Friant


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    Cette image est extraite d’une série de montage du reporter de Guerre Patrick Chauvel, intitulé « Guerre ici ». Présentée au prix Bayeux 2009 des correspondants de guerre, cette photo intutulée « D2 : Grozny + Esplanade du Trocadéro Paris » est en réalité un photo montage d’une scène de guerre à Grozny en Tchétchénie en 1995 transposée sur l’esplanade du Trocadéro à Paris.

     

    Le champ :

    S’agissant d’un montage, l’image est clairement divisible en deux plans. Le premier plan est marqué par une scène de guerre : des corps gisants sur le sol et le char de guerre vestige d’une bataille sanglante. Puis la tour Eiffel, majestueuse, semble inébranlable face à la violence de la scène qui s’est déroulée à ses pieds. C’est alors l’esplanade du Trocadéro qui lie les deux plans, les deux images : la réalité spatiale de l’esplanade qui se situe réellement aux pieds de la tour Eiffel est empruntée par le photographe pour devenir le terrain d’une scène de guerre.

     

    Le paradoxe

    L’aspect frappant de cette image, c’est qu’elle est marquée par plusieurs paradoxes. C’est qu’elle est d’abord dominée par l’aspect majestueux de la tour Eiffel. C’est sa verticalité qui rompt complètement avec l’horizontalité des corps et du char de guerre. Au delà, le paradoxe se poursuit avec le contenu diégétique de l’image : la violence de la scène de guerre (des corps gisants qui baignent dans le sang, des armes, un char de guerre) mélangée à la sérénité et au caractère pittoresque de la tour Eiffel.

     

    Interprétation

    Ce qui frappe d’abord à la lecture de cette image, c’est la proximité du premier corps qui invite le spectateur et se rendre compte directement de la violence de la scène. Puis le cadrage en plan d’ensemble qui rend la scène très vaste invite le regard à pénétrer l’ensemble de l’image et induit le spectateur dans une dimension effrayante de dévastation. Le caractère menaçant de l’image est renforcé par ses lignes et notamment la ligne du canon du char, pointé en direction du sommet de la tour Eiffel.

    Autre aspect frappant, c’est l’utilisation des couleurs. Il y a en effet peu d’amplitude chromatique dans cette image, peu de couleurs différentes sont utilisées, seul le rouge du sang des victimes ressort.

    L’alliance paradoxale de cette scène de guerre transposée au symbole du « parisianisme » qu’est la tour Eiffel reflète là  le propos de Patrick Chauvel. « Guerre ici ». C’est dire alors que ce photomontage ne heurte pas seulement le regard de celui qui le voit mais également sa sensibilité. L’image rappelle ce qu’est la réalité de la guerre et elle rappelle de façon choque ; en ramenant cette réalité aux portes de la vie quotidienne du spectateur. Et si la guerre était ici ?

     

    Lien vers la photo originale : http://www.kirikoo.net/images/7Vux-1-20091004-152245.jpg

     

    Vianou Lemoine

     

     

     

     


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    Photographe de grande renommée, David la Chapelle est un véritable adepte de la controverse. Dans ses œuvres, il utilise essentiellement la provocation en jouant avec la mort et l’érotisme.

    La photo ci-dessus s’intitule ‘ La maison de la fin du monde’ et est tirée du recueil d’images : ‘Heaven to Hell’.

    Au premier plan, se situe une femme portant dans ses bras un bébé nu. Elle est vêtue d’un long manteau rouge ouvert sur le devant laissant entrevoir de la lingerie de la même couleur que le manteau et des collants. Au pied de la jeune femme se trouve des débris. Débris que l’on retrouve en plus grande quantité au second plan. En effet le sol est jonché de décombres. On constate qu’ils proviennent d’une maison qui se trouve au troisième plan et qui a été partiellement détruite, car la façade de celle-ci tient encore debout. La façade est la seule à avoir résisté et tout à gauche de la photo s’amoncellent en une construction chaotique ce qui pourrait être le toit et d’autres morceaux de l’habitation. Le ciel bleu en arrière-plan offre un contraste saisissant avec le reste de l’image.

    Le point de vue est ici extradiégétique. L’usage du plan d’ensemble nous permet en tant que ‘spectateurs’ d’avoir une meilleure compréhension de la scène.

    La Chapelle utilise toujours dans ses photos des couleurs très vives car il se veut comme un peintre.

    Plusieurs interprétations de cette image sont possibles. Effectivement nous n’avons pas d’indices sur ce qui a causé la destruction de la maison : guerre, catastrophe naturelle. Cela nous permet donc de laisser libre cours à notre imagination, d’autant plus que La Chapelle fait appel à de nombreuses références.

    Tout d’abord la référence religieuse. La femme portant le bébé n’est pas sans rappeler la vierge Marie et le petit Jésus de la religion chrétienne. Toutefois il est vraisemblable que c’est ici une version beaucoup plus moderne de la Madone qui est représentée. Le manteau rouge pourrait faire allusion au sang versé par les hommes à travers les siècles ou tout simplement celui perdu par les victimes de la maison détruite au troisième plan.

    Une interprétation plus sombre est également possible. Se référant à la culture cinématographique, La Chapelle utilise le rouge, qui est la seule couleur vive du tableau avec le bleu du ciel. Au cinéma le rouge est synonyme de danger et de mort. Cela reprendrait donc l’idée du sang versé dont nous avons parlé plus haut.

    Comme il a été expliqué en introduction le photographe emploie très fréquemment l’érotisme au sein de son travail. Cette idée est reprise à travers l’image de la femme et peut nous faire penser à ce qui est communément et quelque peu vulgairement appelé l’image de ‘la vierge et la putain’. Le photographe fait ici référence à l’image de la femme du 20e siècle vivant dans une société de moins en moins pudique où les corps de femmes sont étalés dans les magazines n’apparaissant plus comme des êtres humains mais comme des produits vendeurs.

     Cependant, contrairement à ce que l’on pourrait penser au premier abord ceci n’est pas un point de vue misogyne. La femme a une place de choix : le premier plan. Elle est la première chose que l’on voit. Elle à un rôle de dominant. Par sa posture elle nous fait presque penser à un super héros. C’est ici que la référence culturelle entre en jeu. Son accoutrement ne pourrait en fait n’être que son costume. Le sauveur du monde serait alors une sauveuse. La femme serait l’avenir de l’Homme et de l’humanité. Cette idée est appuyée non seulement par la tenue et la pose de la jeune femme, mais son regard tourné vers un hors champs inapparent semble doux et paraît porteur d’espoir. Suivant cette idée, nous pouvons revenir à la façade de la maison qui est encore intacte. La maison serait le socle et la racine de la famille. La famille serait donc ce qui nous reste lorsque notre monde s’écroule autour de nous.

     

    Nora Nestor

    Source:

    Image: http://www.gualeni.com/spip.php?article226


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    Le document est une photographie en format paysage de Ian Bradshaw. Il s'agit d'un véritable instantané photographique, c'est à dire un enregistrement d’un événement réel pris dans un moment précis. Le champ de cette image est un nudiste se faisant raccompagné à la sortie du stade londonien de Twickenham par plusieurs policiers. La photographie prise en noir et blanc et le policier tête nue portant des favoris nous indiquent que la scène se passe dans les années 70.

     

    le point de vue est extradiégétique. Le photographe était sans doute là pour photographier la rencontre sportive, et devait se trouver dans la partie du stade réservée au photo-reporters. C'est sans doute l'arrivée innatendue du nudiste (Michael O'Brien) sur le terrain et son arrestation qui ont capté toute son attention. Le photographe ne participe donc pas à l'evenement représenté.

     

    L'image saisie en plan moyen nous permet d'observer un certain nombre de détails de l'action que le photographe a voulu représenté. Cependant le décor n'est que suggéré par la foule située dans des gradins et le tracé au sol qui rapelle ceux d'un terrain de football ou de rugby.

     

    L'angle de prise de vue est trois quarts droit. On peut émettre deux hypothèses à cela, celle du parti prix esthetique, le photographe voulait avoir la foule comme fond et ce personnage derrière qui accoure avec un manteau. La deuxième hypothèse est, le photographe pris au dépourvu n'a pu aller se positionner de facon à avoir le nudiste et les policiers de face.

     

    Cette photographie de l'arrestation de Michael O'Brien présente un côté burlesque. En effet l'allure de ce streaker fait penser à celle du Christ, le policier tête nue pourrait figurer Judas, son casque faisant office de «braguette», allusion au style de la renaissance. La profondeur de champ nous permet de voir un homme qui accourt avec un manteau, il arrive trop tard pour éviter le scandale, mais renforce le côté bouffon de la scène, les policiers de leur cotés prennent l'incident avec le sourire.

    SAHRAOUI Youri


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    C'est une photographie en noir et blanc, réalisée par Arno Rafael Minkkinen, photographe de nationalité finlandaise résidant à présent aux Etats-Unis.
    Cette œuvre représente les propres mains de l’artiste, s'intégrant dans un paysage urbain, celui de New-York, plus précisément du côté Est du Shelton Hôtel.
    Cette photographie a été prise durant l'année 2005.
    Au premier plan, les deux mains appartenant au photographe (la photo est prise avec un retardateur) sont mises en scène dans le but de créer un effet d'optique.
    Cet effet est réalisé afin de donner l'impression que les mains sont en lien direct avec le second plan, composé de deux gigantesques immeubles occupant chacun un côté différent de la photographie.

    Il est intéressant de noter la symétrie du second plan au travers des deux immeubles placés de part et d’autre du sujet central.
    Il en découle remarquablement que les mains du premier plan, entourant les deux immeubles, ont elles aussi une composition symétrique.

    Au troisième plan, apparaît le reste de la ville qui s'étend en plongée dans le prolongement de la rue descendant du bas de la photographie vers le côté droit.
    Force est de constater que cette disposition créé un effet de plongée particulièrement intéressant.

    En arrière plan, le ciel , de couleur très claire, laisse apparaître quelques immeubles, lesquels, malgré une réel présence, se voient masqués du fait de la profondeur de champs et de la couleur lumineuse et éblouissante du ciel.

    Le point de vue est intra diégétique, les mains de l'individu photographié deviennent celle du spectateur.
    Le spectateur devient donc acteur principal de cette scène.
    Cette photographie symbolise sans doute l'influence de l'homme sur un paysage urbain et le rôle que celui-ci joue au cœur de la ville.
    Ici, l'homme semble avoir le pouvoir sur celle-ci, grâce à l'effet d'optique dans lequel les mains de l'individu désirent "repousser" les immeubles, lui délivrant ainsi la vue en plongée du reste de la ville.
    L'homme reste donc indubitablement l'acteur principal de cette photographie.

    Enzo Dupuis


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