• "Shoecide bombing" par Marine Teste

     Evan Vucci, photographe Américain à l'agence Associated Press depuis 2003, débarque le matin du 14 décembre 2008 à Bagdad, avec une dizaine de journaliste triés sur le volet, dans l'avion de Georges Bush. Le président américain devait effectuer une visite éclair dans la capital irakienne, pour rencontrer le Premier ministre Nouri A-Maliki.

    Dans l'après-midi, avant son départ pour l'Afghanistan, une conférence de presse est organisée à laquelle participent des dizaines de journalistes. Evan Vucci est placé au premier rang. « A la fin de la conférence de presse, j'ai entendu un hurlement, raconte-t-il. Je me suis retourné très vite en pensant qu'il s'agissait d'une attaque suicide. Instinctivement, j'ai shooté. J'ai pris une seule photo. Puis, je me suis retourné vers Bush et j'ai compris, désespéré, que j'avais raté les chaussures... ».

    Les « chaussures » appartiennent à Muntadhar al-Zaidi, 30 ans, journaliste à la télévision irakienne Al Bagdadia, qui au moment de son « lancer » a crié : « Voici un cadeau des Irakiens ! C'est le baiser de l'adieu, chien ! ». Les projectiles ont raté leur cible, Bush parvenant à les esquiver : « Je me souviens de la panique générale et de l'intervention musclée des services de sécurité sur le journaliste, commente Evan Vucci. Resté très calme, le président a fait une blague sur la pointure des chaussures ! ».

    La photo fera le tour du monde, car, si les télévisions ont pu filmer la scène, il existe un seul cliché du « Shoecide bombing », comme l'appelera le Daily News.

    Le point de vue de l'image est intradiégétique. En effet le photographe appartient à l'univers de l'image, à l'histoire que raconte cette image. Il fait partie ici des journalistes qui assistent à la conférence de presse de Georges Bush.

    Le cadre de la photo révèle tout décors qui se trouve en face de Georges Bush : les journalistes de la presse écrite et les reporters photo assis aux premiers rangs (premier plan) mais aussi les reporters caméra placé au fond de la salle (second plan).

    Dans cette image le contre champ est très intéressant. En effet il met en lumière l'ancien président des Etats-Unis, Georges Bush, qui était à la base l'objet de toutes les intentions des journalistes et de celle d'Evan Vucci. Mais avec ce qu'il vient de se passer et cette photo prise sur le vif il devient malgré lui le contre champ de cette image qui a fait le tour du monde. Un peu à l'image de l’arroseur arrosée, c'est tout une situation qui se retourne l'espace d'un court instant, l'espace d'une seconde, qui a suffi à immortaliser cet incident.

     

     

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :