• La cité du cinéma

    I) Lancement du projet par Luc Besson

                           Malgré la résistance du cinéma français face à l’envahissante industrie cinématographique américaine dans le monde, la France et ses voisins européens enregistrent des recettes faibles comparées à celles des Etats-Unis.
    Pourtant une nouvelle stratégie a été appliquée par le marché européen du cinéma depuis les années 90 avec les cinémas multiplexes. Entre 1990 et 2002, les entrées de cinéma ont augmenté de 62 % dans l'UE, pour atteindre 938 millions d’entrées en 2002, mais toujours loins des recettes enregistrées par les USA. 
                 L’une des raisons qui empéchent le marché européen de s’épanouir est le fait qu’il ne connaît aucun équivalent au système de "studios" de l'industrie cinématographique des Etats-Unis. Les producteurs ne sont organisés au sein d'aucune structure commerciale qui pourrait, à proprement parler, être qualifiée de studio. La plupart des productions européennes sont réalisées par de petits producteurs, au sein d'un secteur d'activité fortement morcelé. En dépit de cette différence de structure, l'UE compte néanmoins un certain nombre de grands studios de cinéma, tels que Cinecittà, près de Rome, les studios Pinewood, près de Londres, les studios Bavaria près de Munich, les studios Babelsberg, près de Berlin et les studios de Boulogne à Paris. Cependant, les films européens ont du mal à s'imposer face aux productions américaines qui représentent les 2/3 des films vus dans l'UE !                                                    
                  Mais un nouveau phénomene est, en ce moment même en marche, portant des ambitions prometeuses en matière d’industrie cinématographique en Europe. Ce projet est lancé en France par le producteur et réalisateur Luc Besson et il porte le nom de ‘la Cité du Cinéma’. Ce dernier
    est le fondateur en 1999 avec Pierre-Ange Le Pogam producteur et acteur de cinéma français, de la société de production EuropaCorp.

     Europacorp


















    II) La société EuropaCorp.

    EuropaCorp est un studio de cinéma français qui réunit les activités de production, distribution salle, vidéo, VoD, la ventes de droits TV pour la France, la vente des droits internationaux, mais aussi partenariats et licences, production et édition de musique, édition de livres, et production de films publicitaires. Depuis juillet 2007, EuropaCorp est coté en bourse sur Euronext Paris. Structure.La société est aujourd’hui détenue à 62 % par Luc Besson via sa société FrontLine et à 8,06 % par Pierre-Ange Le Pogam; 23 % du capital est coté en bourse. Digital Factory est apparentée à EuropaCorp via Luc Besson. La post-production son s’effectue sur un site en Normandie, le montage image a lieu dans les locaux de Paris. Elle demureure une société à Conseil d’administration présidé par Luc Besson. Jean-Julien Baronnet en est le Directeur général depuis novembre 2008.                                              
    EuropaCorp a notamment produit les films à succès au box-office mondial Taken (224 millions $ box-office monde), Arthur et les Minimoys (107 millions $), Le Transporteur 3 (106 millions $) ou Hitman (100 millions $). Deux productions EuropaCorp ont déjà été à la tête du box-office US : Le Transporteur 2 à l'été 2002 et Taken début 2009. EuropaCorp est actionnaire minoritaire sur les studios, dits Studios de Paris, aux côtés de Quinta, Euro Media Group, et FrontLine. C’est Euro Media Group, expert européen dans la gestion des studios, qui aura la responsabilité d’exploiter les Studios de Paris.

                                                                                                                

    III) La cité du cinéma: Futur Hollywood Français?

    Besson maquette de la Cité du Cinéma

    La Cité du cinéma est un projet de pôle cinématographique porté par le réalisateur et producteur Luc Besson, qui doit ouvrir en 2012 à Saint-Denis, au nord de Paris, et doit être l'équivalent de Cinecittà à Rome ou Pinewood à Londres ou de Tōhō au Japon.

    Conçu en 2000 par Luc Besson, lancé en 2004, ce projet a nécessité de nombreux mois d'études techniques et financières. Le projet est soutenu maintenant par de grandes sociétés du secteur comme Thomson et sa filiale Technicolor et de nombreuses PME leaders dans leur domaine : développement de pellicules, loueur d'éclairage, etc.

    Fin 2006, la société s'est rendue propriétaire du site, qui appartenait à EDF et est titulaire du permis de construire qui lui permettra d'engager le chantier, puisqu'elle prévoit de livrer le nouvel équipement en 2010.

    Besson maquette de la Cité du Cinéma

    Cela doit conforter le rôle du pôle-image de Plaine Commune avec sa cinquantaine de studios de télévision (notamment à la Plaine saint-Denis), et ses 14 plateaux de cinéma, (à Épinay-sur-Seine, Aubervilliers, Stains et également Saint-Ouen. Chiffres

     

    Une surface de 6,5 hectares dans le quartier de Pleyel : une nef centrale de 220 mètres de long pour 23 000 m² de bureaux, dont 19 000 m² pour accueillir le siège de la société EuropaCorp

    11 000 m² d'activités de production cinématographique

    10 000 m² pour neuf plateaux de tournage de 600 à 2 000 m²

    8 000 m² à l'École Louis-Lumière

    un coût de 140 millions d'euros : 130 millions par la Caisse des dépôts et consignations, 10 millions par Vinci.

     

    Les différentes enquêtes publiques (loi sur l’eau, installation classée…) ont été menées à leur terme Les travaux devraient durer un peu plus de deux ans et intègrent à la fois des travaux de démolition, de réhabilitation et de construction.

    Le chantier de démolition initié par EDF est bien engagé (démolition des immeubles de bureaux annexes, de la Tour Euclide, du bâtiment Foucault et début des travaux de terrassement …) L'ouverture est désormais prévue pour 2013

    La société de Luc Besson y installera son siège social sur 4 000 m². Le reste de la superficie sera découpé en bureaux à louer pour répondre aux besoins des sociétés présentes le temps d’un tournage par exemple l’Ecole Lumière.

    Les 15 000 m² restant sont quant à eux réservés aux sociétés de production qui choisiront de s’implanter sur le site "Lorsque j'ai tourné « Le Cinquième élément » pour 90 millions d'euros je n'ai pas pu le faire en France, parce qu'il n'y avait pas les studios nécessaires pour nous accueillir. J'ai dû aller à Londres et j'étais très triste pour les industries techniques, qui m'avaient soutenu à mes débuts", a expliqué Besson lors d'une conférence de presse dans les murs de la centrale désaffectée, où les casques de chantier étaient de rigueur.

    "Nous avons monté ce projet en pleine crise mondiale de la finance", a souligné le réalisateur du "Grand Bleu", "Nikita" ou "Arthur et les minimoys", indiquant avoir eu l'appui du secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, pour un projet auquel le président de la République était "très favorable"."Nous avons le troisième cinéma du monde et le premier en Europe, il nous manquait un lieu comme celui-là, qui nous permette d'être à la hauteur de nos ambitions", a déclaré de son côté la ministre de la Culture Christine Albanel.

     

    1. Financement et parrainage du projet :

    La Cité du Cinéma sera financée par la Caisse des dépôts à hauteur de 130 millions d'euros - 100 M EUR d'emprunt sur 20 ans, 30 M EUR de fonds propres et par le promoteur Vinci immobilier qui apportera les 10 millions restants.

    La location des différents locaux devrait rapporter aux investisseurs un loyer de 8,5 millions d'euros annuels, a précisé à l'AFP Augustin de Romanet, directeur général de la Caisse des dépôts.

    L'opération est osée pour l'institution, puisque la garantie apportée n'équivaut qu'à "un an et demi de loyer", a-t-il encore indiqué.

    Partenaires du projet, Chantal et Jean-Pierre Barry à la tête d'Euro Media Group (qui gère 80plateaux de tournage de cinéma et TV en Europe) et Tarak Ben Ammar, dont le groupe Quinta possède des laboratoires de développement de films et des sociétés d'effets spéciaux, se sont engagés à amener une part de leurs activités sur le site, pour "offrir un outil moderne, à la hauteur des attentes des producteurs, réalisateurs et techniciens".

     

    2. Enjeux du projet

     

    Avec la Cité du cinéma, l’objectif de Luc BESSON est de doter la France d’un équipement majeur sur le modèle des studios Pinewood en Grande-Bretagne.

    Ce projet vise à attirer des productions à gros budget françaises mais aussi européennes et américaines, en regroupant tous les métiers du cinéma impliqués dans la fabrication d'un film, dans un même lieu aux portes de Paris.

    Elle permettrait de dynamiser le secteur du cinéma pour continuer à produire un nombre élevé de films et attirer sur le sol français des productions étrangères plus habituées à ce genre d’outil.

    Les retombées locales de ce projet sont multiples : outre l'impact en terme de valorisation du territoire et de dynamique pour le quartier Pleyel, ce projet aurait également des retombées économiques puisque environ 30 % du budget d’un film sont dépensées localement.

    Des négociations sont également en cours pour favoriser le recrutement local de professionnels du cinéma et d'emplois de service.

    La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, voit même en ce projet une opportunité un accès aux métiers du cinéma aux étudiants des universités voisines, de Paris VIII et Paris XIII.

               

    Conclusion

     

    Cependant on peut émettre des réserves conernant la réalisation du projet. En effet aujourd’hui les plus optimistes pensent que la Cité du Cinéma ouvrira ses portes en mars 2013 alors qu’elle devait ouvrir en 2012. De plus les banques n’ont pas encore débloqué tous les crédits dont le projet à besoin pour être réalisé. Alors le projet de la Cité du Cinéma va-t-il tomber à l’eau ?




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