•  Photo de Guy Bourdin

    Livre d'images

    Le point de vue est difficilement identifiable, il n’y a pas vraiment de regards échangés puisqu’on ne voit pas le visage de la personne photographiée. De plus, on ne sait pas si la personne qui prend la photo et la personne dont on voit la main sont une et même personne. On ne sait pas vraiment si le point de vue est intradiégétique ou extradiégétique. La main qui tient la photo produit une intrusion entre l’instance de l’événement photographié et l’énonciation.

    Cette photographie a été prise dans la rue, devant des vitrines de magasins mais il y a une image dans l’image, une autre photographie en noir et blanc, prise visiblement au même endroit avec le même modèle. Mais sur la photographie en noir et blanc le modèle est en mouvement, il marche alors que si on prend le cadre plus large avec la deuxième image, le modèle est statique debout, les pieds joints. Du moins, c’est ce que l’on imagine puisqu’on ne voit que les pieds de la femme.

    La main de femme que l’on voit, fait le lien entre les deux images, elle est extérieure à la photo en noir et blanc mais c’est elle qui permet l’apparition de cette image tout en  appartenent à l’autre image en couleur.  

    Sur la photo, la lumière semble venir de la gauche, on voit cela grâce à l’ombre de la femme. Cependant, sur la deuxième image en noir et blanc l’ombre n’est pas la même. On a l’impression qu’une ombre qui provient de la lumière de l’image en couleur se rajoute sur la deuxième photo. 

    En général, l’axe de l’objectif simule la direction du regard et traverse une infinité de plans. Ici, la profondeur de champ n’est pas très importante. Cette faible profondeur de champ met en evidence la photo en noir et blanc, la main ainsi que les pieds du modèle qui dépassent de la photo. On ne distingue pas l’arrière plan dans les détails, cela fait ressortir les personnages de l’image.

    La superposition des deux images donne l’impression d’une comparaison entre les deux photographies ou bien une mise en abîme. Le décor des deux images est similaire, les modèles paraissent similaires mais une des deux photos est en noir et blanc, on peut penser qu’elle a été prise plus tôt. On est ici en présence de 3 personnages en plus du photographe. La femme dont on ne voit que les pieds, la femme sur la photo en noir et blanc et la femme qui tient la photo dont on voit  la main. Les attitudes des modèles sont différentes. Ce parallèle entre les deux photographies met peut être en évidence, le rôle du mannequin dans la photo, un parallèle entre la réalité et le rôle que le mannequin joue face à l’obejctif.  

    De plus, la présence de la main qui tient la photo traduit une intrusion du dispositif énonciatif dans l’événement, cette photo est donc mise en scène elle n’est pas le fruit du hasard.


  • Commentaires

    1
    Samedi 15 Janvier 2011 à 14:50

    Tout se passe comme si la photographie insérée rassemblait, dans son cadre, les deux personnages, invisibles ou cachés, de l'observateur et de son modèle. Il n'y aurait ainsi qu'une seule femme, confrontée à son image, miroir ou souvenir... et pas de photographe ! Mise en scène, montée et retravaillée, cette photographie (de 1978) annonce l'art numérique. JPD

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